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La Cerisaie

Après l’adaptation d' »Elektra », des « Troyennes » et d' »Iphigénie » d’Euripide, Michael Cacoyannis s’est attaqué à celle de « La Cerisaie » de Tchekhov, l’une des plus belles pièces de cet auteur russe, qui montre la fin d’un monde, celui de la noblesse inconséquente du tout début du siècle, balayé par la montée de la nouvelle bourgeoisie marchande. Malheureusement, tout cet aspect sous-jacent au texte de Tchekhov n’apparaît pas dans le film qui reste au niveau de l’anecdote sans parvenir à transmettre le souffle historique de la pièce. Si l’interprétation est très juste – de celle toute en finesse et en sensibilité blessée, de Charlotte Rampling à celles d’Alan Bates, Owen Teale ou Katrin Cartlidge – elle ne semble pas toujours au diapason. Le tragi-comique des scènes propres à la littérature russe ne parvient pas à s’échapper du cadre trop beau de la reconstitution trop exacte. Le film étouffe sous la prééminence de l’image et le rythme s’essoufle bien vite. Sans chercher forcément l’originalité, Cacoyannis a voulu apporter quelques touches personnelles, pas toujours constructives, à son adaptation. L’idée de faire débuter l’action à Paris n’apporte rien au film, par contre, montrer la vente aux enchères parallèlement au bal est une exploitation réussie des ressources du cinéma. Il en est de même pour l’utilisation des musiques de Tchaïkovsky pour la bande son. Bien peu d’inventions, néanmoins, pour un film de cette ampleur.A.S.N.