Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Kedma

KEDMA se présente d’abord comme un film historique relatant des événements peu connus de l’Histoire israélienne sous une forme peu explicative. Cette approche pourra à la fois dérouter le néophyte (soucieux de savoir si on le manipule, ou plus simplement de comprendre de quoi on lui parle) et de heurter le spécialiste (qui pourra relever, ici un raccourci un peu rapide, là un anachronisme). Mais ces soucis d’exactitudes nous détournent sans doute de ce qu’est vraiment ce film, c’est-à-dire une allégorie. En effet, autant KIPPOUR s’appuyait sur la douloureuse netteté de souvenirs personnels, autant KEDMA s’ancre dans un passé transmis et fantasmé sous une forme légendaire. Il flotte ainsi dans ce film une atmosphère de récit mythologique, un côté « au commencement était… ». L’action semble filmée du point de vue de la terre, témoin et enjeu de l’agitation des hommes. Largement déconnectés du jeu des causes et des effets, les événements sont renvoyés à leur tragique absurdité. La forme adoptée, hétérogène et épurée, témoigne aussi d’une volonté de distanciation. La représentation de la guerre (parfois sommaire) relève du théâtre. De même que le monologue du paysan palestinien relève de la poésie, que les récits des rescapés des camps relèvent du documentaire et que le prologue relève du plus pur cinéma. Ce parti pris peut parfois déboucher sur un didactisme un peu désincarné. Il n’empêche que Yanoush introduit dans tout cela une forte dose d’émotion, et ce même avant la claque de son monologue final.
N.M.