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Zero Theorem

Cela fait maintenant plus d’une décennie – et le tournage avorté de son Don Quichotte – que Terry Gilliam lutte pour retrouver la verve de ses “débuts” : la fable sociale acérée de Brazil, l’hommage cinéphile (à La Jetée de Chris Marker) doublé d’un constat désespéré sur l’humanité de L’Armée des 12 singes… Aujourd’hui, l’ex-Monty Python porte à l’écran le premier scénario de l’universitaire Pat Rushin, dont l’univers partage d’étranges similitudes avec le sien. Trop, sans doute, puisque Gilliam n’a pas véritablement d’efforts à fournir pour adapter le script à son style, si bien qu’il semble se reposer sur ses acquis et reformuler des figures (décors, personnages) éprouvées dans ses précédents films. Le dynamisme maladroit qui rendait attachant L’Imaginarium du docteur Parnassus (2009), projet à l’ambition démesurée et à la gestation malmenée, a donc cédé la place à une sorte de résignation laborieuse : ambitieux sur le papier, Zero Theorem est particulièrement confus et elliptique à l’écran. Le héros solitaire et marginal attendant un message messianique (qui donnera sens à tout ce qu’il a enduré), incarné par l’inévitable Christoph Waltz (Inglourious Basterds), se révèle incapable de nouer une quelconque empathie avec le spectateur. Son parcours reste théorique, ses intentions obscures. Et ce sont les seconds rôles, qu’il s’agisse de l’étonnante Mélanie Thierry ou de l’impeccable David Thewlis, qui infusent un brin de fantaisie dans ce monde glacial. Par-ci par-là, on retrouve la patte du Gilliam inventif et excentrique (les interventions de deux “clones”, les apparitions de Matt Damon en mode caméléon…), mais sans la dimension anxiogène – ou du moins troublante – qu’il était capable d’y apporter par le passé. _Mi.G.