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Youth

La ressemblance entre les deux acteurs est frappante, voire troublante. Frères dans la vie, frères à l’écran, Shaul et Yaki (Eitan et David Cunio) pourraient être jumeaux. À cette réserve près que si l’un, Shaul, s’apprête à sortir de l’adolescence, l’autre, Yaki, accomplit son service militaire – très long en Israël – et promène, à la faveur d’une permission, son fusil d’assaut à travers la ville comme d’autres leur téléphone portable. Shaul vivra l’entrée dans l’âge adulte à travers celle, trop prompte, de son frère. Avec, pour pendant, une espèce de fantasme du pouvoir et une idée idiote : kidnapper une lycéenne et en attendre rançon pour conserver l’appartement familial dont ils sont sur le point d’être expulsés. Pouvoir factice au demeurant, qui ne cessera d’être mis à l’épreuve, par l’ado qui hurle quand on lui ôte son bâillon, par le gamin qui leur rit à la figure quand l’un des deux frères lui reproche de lancer des pierres à un chien, par une petite cousine qui leur chipe le téléphone de la victime. L’image même d’une génération impuissante, motif que le réalisateur exploite à l’envi, avec ses gros sabots. Voué à faire passer un message désenchanté sur la jeunesse israélienne d’aujourd’hui, Youth pèche par manque de crédibilité (notamment lors de la scène d’enlèvement), par une morale édifiante et, avant tout, par une flagrante absence de rythme. Car le scénario s’articule autour d’incessants va-et-vient entre les séquences se déroulant dans la cave où est enfermée l’adolescente et celles dans l’appartement familial, ce qui a pour effet de casser systématiquement la tension qui aurait pu s’installer dans un monde ou dans l’autre. On notera, de surcroît, un certain mépris pour les personnages secondaires, traités comme des stéréotypes sociaux caricaturaux. _M.Q.