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Xenia

Voilà un portrait sans aménité de la Grèce contemporaine, telle que livrée à ses affres les plus sombres et ses tentations les plus viles. Ici, seuls les prénoms (Odysseus ou Antigone) portent encore trace de ce que furent sa magnificente grandeur et sa fière mythologie. Car celle qui s’écrit désormais, et dont porte témoignage ce film, se déploie entre déliquescence sociale, perte de (re)pères, mainmise nauséabonde des extrêmes-droites les plus xénophobes, démission des pouvoirs publics et mépris clair de toute “météquerie”. À travers cette fratrie perdue et éperdue, à travers sa quête d’une nationalité grecque, seul legs possible de la part d’un géniteur aussi indifférent qu’évanescent, Panos H. Koutras semble poser les bonnes questions sur ce que sont l’identité et, ici au sens propre du terme, la fraternité. Dans le Xenia du titre, à la fois évocation d’un ancien palace déserté et du concept grec d’hospitalité, fondement majeur, dit-on, de la Grèce antique qui intime à chacun l’idée d’honorer et d’accueillir les étrangers, les deux frères, dans la tendresse confiante qu’ils se portent et l’éblouissement de la vie, savent qu’ils trouveront leur voie. Ils savent aussi qu’ils incarnent un geste politique et la Grèce telle qu’il faut l’espérer et la rebâtir, vivante, cosmopolite, métissée, indulgente. Toutefois, si le constat est juste et louable, la fantaisie dont il se pare pour se rendre accessible et attractif convainc plus modérément. Il est ainsi dommageable que le film dissimule à bon compte l’application somme toute routinière d’une trame convenue (un road-movie doublé d’une quête des origines) sous les exubérances (convenues, elles aussi) de son personnage. _N.Z.