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White God

Curieuse bête que celle que met en scène le Hongrois Kornél Mundruczó (Delta) dans ce tout aussi curieux White God, synthèse inattendue de Beethoven et de Cujo sur fond de dénonciation d’un système politique xénophobe. L’histoire ? Celle d’un bâtard (attention symbole : il n’est pas de “sang-pur”), abandonné par sa jeune maîtresse (dont le méchant papa, comme la majorité des Hongrois – attention symbole -, déteste les chiens étrangers). En vrac, il erre dans les rues de Budapest, sympathise avec ses congénères, échappe à des agents de la fourrière hostiles, est recueilli par un mendiant, revendu à un escroc, transformé en chien de combat, puis capturé et envoyé à la fourrière. Enfin, il libère ses camarades pour fondre avec eux sur la ville et y semer une terreur vengeresse. À la manière du joueur de flûte de Hamelin, sa maîtresse pense l’apaiser en jouant de la trompette (au pays de Franz Liszt, Béla Bartók ou György Ligeti : encore un symbole, indéniablement). Tout cela réalisé avec emphase, dans un style lyrique qui ne permet jamais de savoir à quel degré le film lui-même s’offre à voir. Mundruczó est coutumier du fait : Johanna, sa comédie musicale revisitant la Passion de Jeanne d’Arc en hôpital psychiatrique, était tout aussi sérieuse malgré l’absurdité du sujet. Ici encore, le réalisateur ne se contente pas de friser le ridicule, il saute dedans à pieds joints. Sauf que, à force, son insistance parvient à ridiculiser le ridicule. Résultat : le spectateur hésite entre la fascination et la consternation. Consternation pour la prétention politico-métaphorique du film, soutenue par des scènes mélo dignes d’un épisode de Lassie, chien fidèle. Mais fascination, tout de même, pour la liberté de ce geste cinématographique décomplexé. _C.L.