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Whiplash

Un groove haletant, des cuivres survoltés et une métrique impossible (en 14/8, pour les connaisseurs) : Whiplash, de Hank Levy, est un standard incontournable du jazz américain. C’est aussi, en anglais, l’équivalent de l’expression “coup du lapin”. C’est enfin, traduit littéralement, un “coup de fouet”. Des coups de fouet, des coups du lapin, le héros du film de Damien Chazelle en subit un certain nombre, avant de connaître le morceau sur le bout des baguettes. Batteur dans un prestigieux conservatoire new-yorkais, Andrew (Miles Teller) se rêve en Buddy Rich du XXIe siècle, mais doit d’abord se plier à l’autorité d’un chef d’orchestre tyrannique. Tout en perversité retorse, le jeu de J. K. Simmons réussit à rendre le personnage tout à la fois exécrable et fascinant. On n’avait guère vu plus sadique depuis le sergent Hartman de Full Metal Jacket… La discipline à laquelle il plie ses élèves musiciens est en effet toute militaire et, aux premiers abords, Whiplash s’annonce comme une énième variation autour de l’endurcissement – et de la nécessaire émancipation – de la jeune recrue ingénue. Heureusement, à mesure que le film déroule sa partition savamment millimétrée, Damien Chazelle prouve qu’il connaît la musique. Avec ce premier film tiré d’un court métrage, il parvient ainsi à faire entendre sa petite note personnelle jusqu’à une scène finale proprement bluffante, en jouant sur toute une gamme de nuances inattendues – le film devient alors une passionnante métaphore sur les liens entre ambition, travail et talent. Whiplash est à l’image du morceau auquel il emprunte son titre : entraînant mais complexe. En un mot, frénétique. _C.L.