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Un Week-end À Paris

Le réalisateur Roger Michell et le scénariste Hanif Kureishi signant là leur troisième collaboration, Un week-end à Paris est donc, pour eux aussi, une histoire de couple par laquelle ils s’attachent à disséquer une conjugalité au bord de l’implosion et néanmoins très forte. Meg et Nick sont arrivés à ce moment délicat où, les enfants ayant quitté le nid familial, chacun doit faire face à l’autre comme à son propre désenchantement. Lui, qui fut un brillant étudiant en philosophie, s’enlise dans une terne carrière universitaire. Elle, qui est professeur de lycée, est encore ravissante, vive et aimante. Elle lutte pied à pied contre la frustration qui gagne et l’âge qui vient, sa relation avec ses enfants empêtrés dans leur propre malheur, dont ils jugent leurs parents comptables, et s’interroge sur ce qui lui reste à vivre. Dans un Paris à la photogénie achevée – quoique la carte postale ne soit jamais très loin -, portés par leur talent et un mordant tout britannique, Jim Broadbent et Lindsay Duncan incarnent avec conviction ce couple bancal et fissuré. Il y a ici une légèreté et une élégance propres à toute comédie romantique réussie, ce que met également en évidence la prestation bienvenue de Jeff Goldblum. Deus ex machina, il est celui par lequel les faux-semblants n’ont plus cours. Dans une scène d’une grande force, Nick se lève devant un auditoire bouffi de satisfaction et d’orgueil et prend la parole pour assumer tout à la fois sa médiocrité d’homme et l’amour qu’il voue à sa femme. L’ultime image de ce couple mimant, dans un café parisien, la mythique scène de danse de Bande à part de Godard, referme ce film délicat sur l’idée qu’aller d’un même pas est une bien jolie façon d’aimer. _N.Z.