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Voleuse De Livres

Adapté du best seller de Markus Zusak publié en 2005, ce film germano-américain est une reconstitution souvent balourde et factice d’une époque grave. Comme la plupart des coproductions hollywoodiennes, tous les acteurs parlent anglais, mais ici, ils commencent chaque phrase par “Ja !”, ce qui accentue encore le ridicule de la chose. Les personnages, dessinés à grands traits, sont tous très gentils (même Rosa, dont le cœur “gros comme ça” finira, sans surprise, par se révéler), à part un gamin violent et les affreux nazis. Les acteurs font honnêtement leur travail, mais seule Sophie Nélisse (vue dans Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau, 2012) parvient à incarner son personnage avec une lueur authentique, et semble vraiment grandir sous nos yeux, sans renfort de maquillage appuyé, par la seule grâce de son jeu, au fil des huit années qu’elle traverse. Le message, si juste soit-il, qui veut que les mots, les livres, le rêve et l’imagination aident à supporter les horreurs du totalitarisme, est asséné sans nuances. Le dispositif lui-même est étrange : le récit est narré en off par une voix qui est celle de “La Mort” elle-même, contemplant les vivants et leur capacité (ou non) à résister et annonçant son intérêt pour la force de Liesel. Il n’en ressort rien de très nouveau. Malgré tout, çà et là, des passages obligés font mouche par la force qu’ils dégagent : notamment les massacres de la Nuit de Cristal et l’autodafé d’une montagne de livres sur la place du village qui semble troubler fort peu de monde. La partie la plus intéressante reste celle située dans la cave, dont les murs se remplissent de mots écrits à la craie et qui sera le théâtre d’une joyeuse bataille de boules de neige. _I.D.