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Voies Du Destin

Le phénomène ne souffre guère d’exceptions : aujourd’hui, tout succès de librairie est voué à être adapté au cinéma. Et, donc, le best-seller autobiographique d’Eric Lomax n’échappe pas à cette règle implacable. Les Voies du destin narre le calvaire enduré par cet ancien soldat britannique durant la Seconde Guerre mondiale, quand, fait prisonnier par les Japonais, il avait dû prendre part à la construction de “la voie ferrée de la mort”, une ligne reliant la Thaïlande à la Birmanie. Des décennies plus tard, ce traumatisme pousse sa femme à agir pour qu’il combatte ses vieux démons. Comme dans Le Discours d’un roi, Colin Firth incarne un homme blessé, soutenu par une épouse dévouée. L’intrigue débute de façon légère, telle une comédie romantique, lorsqu’Eric Lomax rencontre Patti. Le destin, un brin pervers, veut d’ailleurs que ce soit dans un train. Puis la construction narrative s’amorce en flash-backs, au gré des découvertes du personnage féminin, campé par une Nicole Kidman qui cabotine comme jamais. La reconstitution d’époque est grandiose et la mise en scène, certes académique, très soignée. Hélas, le récit, romancé et fantasmé à outrance, accumule les lourdeurs et manque cruellement d’objectivité. Les soldats alliés ne sont que de pauvres victimes, braves et héroïques, tandis que les Japonais sont invariablement présentés comme mesquins et hystériques. À la fin, les Alliés, justes et humains, offriront le pardon chrétien à leurs sauvages de bourreaux. Car, avec son épilogue pompeux et larmoyant, ce film à la dramaturgie sans relief nous offre une bien édifiante leçon de morale : “La haine, c’est mal”. _G.A.