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Voie De L’ennemi

La Voie de l’ennemi partage son titre français avec le premier roman de Tony Hillerman, mais également son décor, un Nouveau-Mexique très Far West, les meilleurs plans du film semblant d’ailleurs convoquer John Ford. Servi par un beau casting, le film souffre d’un scénario subermergé par les bonnes intentions, où l’on navigue à vue entre immigrés clandestins mexicains, racisme anti-musulmans, relations mère/fils, dualité de l’homme et destin… Cet agrégat de rouages ne prend pas, jamais ne se fait entendre le doux cliquetis d’un mécanisme bien huilé, le film manquant de ce sens du tragique propre aux grands films noirs. La Voie de l’ennemi s’inspire librement de Deux hommes dans la ville, mais en changeant le propos de ce qui était avant tout un réquisitoire contre la peine de mort. Dans le film de Giovanni, Michel Bouquet campait un policier incarnant le fatum ; le prisonnier en conditionnelle était voué à fauter de nouveau, ce n’était qu’une question de temps. Dans celui de Bouchareb, en revanche, Agati, la figure de la justice incarnée par Harvey Keitel, n’est animé que par le désir de vengeance, motif hélas moins riche. Reste la prestation de Forest Whitaker, superbe, sans cesse pris en étau entre la justice, l’impossible pardon du shérif, l’espoir porté par sa contrôleuse, un proche le poussant à replonger et une femme pour qui il aspire à une vie meilleure – autant de dilemmes qui travaillent le personnage, en lutte perpétuelle contre ses pulsions et le vain désir d’abolir son passé. Il faut le voir lutter contre lui-même, comme tanguant sous le fardeau de sa colère, cherchant vainement quelque salut dans une religion silencieuse, tentant lamentablement de faire ployer le suréminent destin. _P-J.M.