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Vivants

Comme celle de son héroïne, la famille de la réalisatrice Barbara Albert est venue de Transylvanie, en Roumanie, s’installer en Autriche. Comme elle, elle a baigné dans l’indéfectible regret d’une mythique patrie perdue dont les fils, emportés par l’Histoire, furent à la fois d’implacables bourreaux nazis et de commodes victimes des Soviétiques. Ce film est aussi sans doute une façon de renouer les éléments épars – et parfois contradictoires – de son histoire à travers l’énergie de la rayonnante Sita, qui se questionne autant que son père se tait. Les trois générations familiales incarnent ici chacune les trois visages de l’Allemagne : celui clairement coupable du grand-père, celui arc-bouté sur le déni du père, qui aspire à la paix, et celui de la petite-fille qui regarde calmement son histoire implacable pour la digérer, pardonner à son aïeul tout en s’affranchissant de la culpabilité propre aux descendants des bourreaux. C’est donc aussi tout un travail sur le regard, celui que l’on porte comme celui que l’on détourne. Celui que porte le grand-père sur son passé, celui que porte le père sur son intériorité que structure un narcissisme fragile, celui enfin intense et courageux que porte Sita sur la vérité crue de son histoire familiale. On reste un peu moins convaincu par la bluette entre la petite-fille du SS et le jeune Israélien, surlignant lourdement l’idée que, quand il n’y a plus ni culpabilité ni ressentiment, alors l’amour peut advenir. Enfin, gare à la thèse périlleuse – qui clôt un film par ailleurs malin – qui suggère que les enfants de victimes peuvent aussi devenir à leurs heures des bourreaux. En l’espèce, les Israéliens face aux Palestiniens. Était-ce bien utile ? _N.Z.