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Viva La Libertà

Roberto Andò porte ici à l’écran, et non sans talent, son propre roman, Le Trône vide, publié en 2012, réflexion pleine de légèreté et de fantaisie sur une vie politique italienne, pourtant si souvent poussiéreuse, et sur la possibilité, parfois donnée, de la revivifier par le miracle d’une parole de vérité. Sur une toute autre tonalité que celle d’un Nanni Moretti, pourfendeur obstiné et génial de Berlusconi, Andò nous offre sa vision d’un monde politique littéralement, et comme son personnage principal, en dépression à force de compromissions et de petits arrangements nauséabonds entre amis. Ici, comme il était d’usage au Moyen-Âge quand le fou devenait roi lors de la Mi-carême, en injectant son innocence comme sa truculence dans le rôle de sénateur, Giovanni en révèle la part la plus précieuse, celle qui fédère les hommes autour de la force d’un verbe et d’un élan collectif. Cet enthousiasme est renforcé par la puissance de ses discours électoraux, qui puisent dans les textes de Bertolt Brecht et dont la force et la justesse emportent jusqu’au spectateur. Pour le reste, Viva la libertà, titre plein d’exaltation qui souligne plus avant la liberté qu’apportent la fantaisie et l’enivrant plaisir de ne pas transiger avec ses idéaux de jeunesse (qu’incarne Danielle), s’annonce aussi comme une intéressante mise en perspective des problématiques de la gémellité dont le Faux-semblants de Cronenberg nous livrait sa propre et noire version. Ici, une certaine naïveté assumée tire résolument l’ensemble vers la joie, quand la consistante interprétation de Toni Servillo, aussi bon en vieux routier blasé de la joute politique qu’en philosophe bipolaire et génial, nous ravit. _N.Z.