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Village De Carton

On pourra aimer la direction d’acteurs d’Olmi, qui reste d’une grande finesse et d’une extrême distinction. Son sens du cadrage, qui sait se faire oublier, se met au service de la beauté des êtres filmés. Sa grande capacité à utiliser un décor dénudé et quasiment d’un seul tenant, sans en faire un lieu lourdement théâtral, pour donner vie à son allégorie. On pourra aussi trouver ce film trop long : un moyen métrage eut suffi à nous faire saisir ce qui se trame entre les personnages, entre l’intérieur, lieu du recueillement et d’une paix, même transitoire, retrouvée, et l’extérieur, espace d’où émanent les expressions de la violence sociale. Au bout d’un moment, la longueur du film appauvrit l’allégorie souhaitée par Olmi. Il y a les bons, les méchants et puis un saint homme entre les deux, mais on finit par se dire : “Et alors ?” Car plus rien ne fait embrayer la fiction sur autre chose que sa propre petite cuisine. Tout cela mijote à feu doux. Or une allégorie a besoin d’énergie, d’élan comme le ballon a besoin d’air pour se gonfler et prendre sa forme finale. Faute de quoi, elle se défait sous nos yeux : on ne voit plus que les éléments qui la constituent et qui se désolidarisent les uns des autres, formellement, quand cette allégorie s’efforce de prôner la fraternité. En quelque sorte, on voit le film se flétrir sous nos yeux, vieillir à l’avance. Comme l’écrivait Serge Daney, “Il faut se méfier du regard sociologique, c’est celui qui reste quand il ne reste rien du film”. Or, c’est ce qui produit ici, dès la fin de la projection du film : le regard sociologique semble être devenu seul maître à bord du navire, qu’il aide dès lors pleinement à couler. _P.F.