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Vertige Des Possibles

Le titre du premier long métrage de Vivianne Perelmuter se veut, sans nul doute, un renvoi à l’œuvre de Kierkegaard, qui voyait dans l’angoisse la manifestation d’une conscience confrontée au “vertige du possible” et soudainement tenue de faire des choix alors que leurs implications demeurent incertaines. Or, c’est bien ce vertige qui saisit Anne, l’héroïne. Cette invitation à dîner d’un ami perdu de vue, faut-il l’accepter ou la décliner ? Cette femme autrefois aimée, faut-il monter la retrouver, ou rester au seuil de son immeuble ? Anne étant romancière, comment faire face, de surcroît, à l’angoisse de la page, non pas blanche, mais noire déjà de tous les mots du monde, l’écriture se révélant dès lors un patient travail de retranchement ? Flanqué d’une voix off (à la deuxième personne du singulier) aux limites du supportable, le film égrène un maigre chapelet d’états d’âme – bien que leur formulation, chaque fois renouvelée, puisse produire à la longue l’impression d’un propos ambitieux et varié -, et l’assortit d’un pot-pourri de citations (Italo Calvino, entre autres) et de réflexions assommantes. “Tu comprends qu’elle n’entend pas les mots que tu ne prononces pas…”, philosophe-t-elle ainsi avec le plus grand sérieux. Si l’errance proposée dans un Paris nocturne envisagé comme un monde en soi – plutôt que simple revers du Paris diurne -, faisceau de signes adressé à qui voudra bien le déchiffrer, aurait pu s’avérer passionnante, le film s’enferre dans un verbiage confus et, surtout, ne se dépare jamais d’un nombrilisme agaçant. La littérature ne peut se réduire à une petite affaire privée, disait en substance Gilles Deleuze. Ce film montre que c’est également vrai pour le cinéma. _T.F.