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Vengeance D’une Femme

L’adaptation cinématographique de La Vengeance d’une femme, l’ultime nouvelle du recueil Les Diaboliques (1874) de Jules Barbey d’Aurevilly, raconte la déchéance délibérée de la duchesse de Sierra Leone, l’épouse d’un Grand d’Espagne. Cette héroïne à l’orgueil insensé assouvit sa soif de vengeance, aussi implacable que dérisoire envers un mari qu’elle exècre, en se prostituant. Elle entend ainsi blesser l’honneur de celui qui n’en saura pourtant jamais rien car, pour elle, ce qui compte avant tout c’est qu’elle le sait. En tournant son film en studio, la réalisatrice portugaise Rita Azavedo Gomes, costumière à ses heures et auteur d’une dizaine de courts et longs métrages (Fragile comme le monde), fait fi d’une adaptation linéaire et chronologique convenue, façon téléfilm en costumes (même si ces derniers sont néanmoins superbes), pour proposer une œuvre originale où se mêlent savamment théâtre, poésie et peinture. Le valet de Roberto, à qui revient le rôle de narrateur, implique ponctuellement le spectateur dans l’évolution du récit de la duchesse, que son maître écoute en confesseur silencieux. Jeux de miroir, récit dans le récit, décors de théâtre sur fond de toiles peintes aux couleurs contrastées à la manière de R. Ruiz (Les Mystères de Lisbonne) ou d’A. Resnais (Aimer, boire et chanter), le film est une succession de tableaux rendus somptueux par une myriade de détails délicats. De plus, un contrepoint sonore emprunté aux œuvres de Bach, Berg ou Webern transcrites par Schoenberg, apporte une touche moderne aussi inattendue qu’adéquate. Enfin, les monologues d’Aurevilly, traduits en portugais avec talent, sont dits par la superbe Rita Durão de façon magistrale ! _M.T.