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Variations

Pour adhérer au projet de ces Variations, il faudra d’abord accepter deux des postulats qui le fondent. D’une part, le fait que les personnages s’adressent directement – comme à un confident – au spectateur ; d’autre part, celui que les années (puis les décennies) passent, sans qu’on en voie jamais la trace sur le visage des interprètes. Si l’on suppose qu’il s’agissait ici de bâtir un récit choral a minima, on ne comprend pas toujours à quelles fins, quel était, sinon le propos, l’enjeu du film. Si ce n’est qu’il plane sur l’ensemble une déprime caractérisée – les personnages partagent leur mal-être (sans que jamais il soit question de son dépassement), jusqu’à s’abandonner à une forme de contrition -, laquelle s’additionne, à la longue, du sentiment que les drames qui émaillent le récit n’auront fait que donner corps à un échec latent, donné comme inéluctable dès les premiers plans. Tout cela, il faut l’avouer, est infiniment fragile et maladroit, d’autant plus que l’interprétation maniérée d’Ophélie Bazillou (dont le personnage, en allant, prend le pas sur les autres) a tôt fait d’agacer. Le récit manque de substance (des contraintes matérielles ont semble-t-il conduit la réalisatrice à faire des choix drastiques), et l’on peine à déterminer si l’on a affaire à l’essence d’une histoire (réduite à quelques événements-clés) ou à son enveloppe, à son schéma incomplet. Mais la curiosité d’une telle démarche, conciliant l’ambition d’une fresque (miniature, elliptique, s’efforçant de saisir successivement le deuil, la démence, le passage du temps, le renoncement) et des moyens dérisoires (en termes de décor, une poignée d’intérieurs, le perron d’une maison pour seul extérieur), mérite d’être soulignée. _T.F.