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Une Promesse

Adaptation d’une nouvelle de Stefan Zweig, Le Voyage dans le passé, ce film s’attache à la question de l’ardeur amoureuse à l’épreuve du temps. Après l’échec de son incursion dans l’animation (Le Magasin des suicides, 2012), Patrice Leconte renoue ici avec l’ambition de ses drames des années 1990, qui voyaient le désir emporter ses personnages dans des passions dévastatrices (Monsieur Hire, Ridicule). Si l’intrigue se déroule en Allemagne, essentiellement à la veille de la Première Guerre mondiale, Une promesse, tourné en anglais avec un casting anglo-saxon, ne fait guère état du contexte historique. Conformément à la nouvelle de Zweig, le film se focalise sur les sentiments des protagonistes, les non-dits qui, peu à peu, les submergent. Tout ici n’est – sur le papier, du moins – que désir et sensualité : Friedrich aime Lotte sans savoir s’il en est aimé en retour. Dans le huis clos de la demeure où résonne le piano de la jeune femme – jouant la Pathétique de Beethoven -, sa passion secrète se nourrit de regards furtifs et d’effleurements interdits, qui n’échappent pas au vieux mari aimant et inquiet… Cadrant ses personnages au plus près, la caméra de Leconte s’attache à saisir les “petits riens” qui attisent le désir. Non dénué de tact, élégamment orchestré et porté par des interprètes talentueux, Une promesse voit néanmoins, à la longue, son récit se figer quelque peu dans une forme de classicisme. Signalons enfin que, si le cinéaste respecte les enjeux émotionnels de la nouvelle de Zweig, il en tire toutefois un récit moins désenchanté, malgré la menace nazie qui, à l’arrière-plan, se profile. _M.T.