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Une Histoire Banale

Audrey Estrougo aborde le thème du viol et du douloureux silence consécutif qui musèle les victimes, sujet tabou s’il en est, et souvent considéré comme invendable par les distributeurs. Troisième long métrage militant de la réalisatrice (après Regarde-moi en 2007 et Toi, moi, les autres en 2009), financé grâce à 8 000 euros récoltés sur Internet, le film dénonce un crime qui touche 75 000 femmes chaque année en France, soit une victime toutes les sept minutes. Le premier tiers d’Une histoire banale met en scène une jeune femme lambda, épanouie, rêveuse et amoureuse, tout à sa joie de convoler prochainement avec son fiancé. Son viol, à l’image aussi bref qu’inattendu, anéantit son avenir jusqu’alors insouciant. Par sa volonté d’informer et de bousculer le spectateur sur les conséquences psychologiques du crime, la réalisatrice en décline les symptômes les plus fréquents : prostration, toilette incessante de son corps souillé, peur d’affronter le monde extérieur, boulimie et cauchemars ; la jeune femme se mure dans le silence et, se sentant honteuse, ne porte pas plainte. Dommage que le scénario abandonne en cours de route sa vertu instructive pour instiller des scènes parfois caricaturales : le comportement sexuel outrancier de Nathalie et son alcoolisation agressive, le lâche renoncement de son fiancé Wilson, ou le questionnement suspicieux d’un policier faisant fi de son traumatisme. Nonobstant ces réserves, ce film coup de poing, superbement servi par Marie Denarnaud (vue notamment dans Akoibon d’Édouard Baer, et aperçue plus récemment dans Ouf, la comédie de Yann Coridian), fait œuvre utile en dénonçant la banalité du mal. _M.T.