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Under The Skin

La curiosité d’Under the Skin tient à ce qu’il épouse le regard de sa protagoniste (extraterrestre adoptant les traits d’une jeune femme, Scarlett Johansson en l’espèce), abordant la vie terrestre en étranger, presque en entomologiste (quoi de plus littéral que ce plan macroscopique dans lequel Johansson considère les allées et venues d’une fourmi sur son doigt ?), avec l’ambition de capter les curieux cérémoniaux, la solitude, l’envie ou la violence des hommes. Chaque geste, jusqu’au plus anodin, semble ainsi le premier, l’objet d’un apprentissage à froid des us et coutumes d’une planète lointaine. Dans la forme, Glazer navigue entre une facture proche du documentaire et des séquences d’inspiration SF, visuellement sublimes, où les victimes de Johansson plongent, très littéralement, dans leur désir, mais aussi dans la mort qui les y attend. Creusant plus avant le sillon du Her de Spike Jonze – celui de rôles au bord de l’abstraction, composant une sorte d’infra-humanité, mais jouant dans le même temps de son aura sexuelle évidente -, l’actrice excelle, basculant constamment d’une figure inexpressive et de postures statiques à un personnage adoptant, par mimétisme, une voix et un comportement humains. Glazer compose ici un cinéma émettant à fréquence fixe (minimaliste, angoissante, telles les nappes de drone de la bande-son), sans jamais lui imprimer la moindre variation – d’un film à l’autre, d’ailleurs, l’auteur renouant avec les ambiances enneigées de Birth. Son dispositif forclos, son understatement glacial sont sans doute les seules réserves que l’on puisse adresser au film : qu’y a-t-il, en fin de compte, sous la peau lisse et les traits racés d’Under the Skin ? _T.F.