Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Un Voyage

Étrange carrière que celle de Samuel Benchetrit, qui aura jusqu’à présent alterné fantaisie loufoque (Janis et John), décalque jarmuscho-tarantinien (J’ai toujours rêvé d’être un gangster) et hommage à la comédie italienne (Chez Gino), avec pour dénominateur commun – outre ses personnages “bigger than life” – une somme de références qu’il accorde, selon les films, avec un bonheur variable. Ici, il faudra donc en passer (petite nouveauté du catalogue) par quelques tartines de dialogues surécrits et affligeants, lorgnant avec insistance, mais sans succès, sur le Blier des grands jours. D’une façon assez cruelle, l’auteur mine ses films de l’intérieur, jusqu’à en souligner lui-même l’inanité. Dans Chez Gino, le tournage d’un faux documentaire par les protagonistes, volontairement raté, révélait en comparaison la faiblesse de l’ensemble. Ici c’est un face-à-face entre Céline Sallette, dans un second rôle, et Anna Mouglalis, censée porter le film à bout de bras, qui fait office de révélateur, la première, pourtant handicapée par un monologue pesant, en remontrant à la deuxième. “Voyez comme elle peut tout jouer”, semble nous dire Benchetrit (ce dont on peut douter au vu de ses performances antérieures, quand bien même, enfin dirigée, elle brille dans le dernier film de Garrel, La Jalousie) : pleurer toutes les larmes de son corps, imiter un chimpanzé, courir les rues dans de longs travellings (Leos Carax, bonjour) et, ultime morceau de bravoure, mourir à l’écran. “Voyez, je n’ai peur de rien, je peux tout filmer”, ajoute-t-il. Or, on est là aussi en droit d’en douter. D’autant plus que ce qui, dans ses précédents films, pouvait inciter à l’indulgence (la modestie assumée du geste, le second degré), s’est ici évaporé, au profit d’un terrible esprit de sérieux. _T.F.