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Un Illustre Inconnu

Après Vie sauvage de Cédric Kahn, Mathieu Kassovitz prouve une nouvelle fois cette année qu’il est une personnalité précieuse du cinéma français. Dans le troisième film de Matthieu Delaporte (qui cosignait, avec son complice Alexandre de La Patellière, l’adaptation de la pièce Le Prénom), Kassovitz endosse le rôle ingrat d’un homme littéralement transparent, qui ne s’épanouit qu’en “empruntant” le visage des autres. L’acteur-réalisateur doit s’effacer – ou du moins faire oublier son visage, donc ce qui l’identifie auprès du public – pour que Sébastien Nicolas puisse exister. Ce personnage, doté de remarquables facultés d’observation et d’un talent inné pour le maquillage (avec prothèses et postiches), constitue une énigme que le film s’efforce – parfois maladroitement – de ne pas résoudre. Incapable de rêver pour lui-même une autre vie, une autre carrière, un autre caractère, l’individu se contente d’emprunter les identités d’inconnus pour entrevoir leur quotidien. Sur ce point, Un illustre inconnu se révèle assez théorique, mais affiche un refus du romanesque et du spectaculaire à la fois courageux et étonnant. Car Delaporte ne conçoit jamais son protagoniste comme un virtuose de l’escroquerie, mais comme un homme ayant le comportement d’un serial killer tout en étant, paradoxalement, incapable de faire le mal. Soutenue par la prestation de Kassovitz, cette vision du film peine pourtant à tenir sur la longueur. Car, hélas, un encombrant sentimentalisme finit par prendre trop grossièrement le dessus dans une conclusion bâclée. En cherchant in extremis à faire comprendre son personnage central, Un illustre inconnu perd l’aura que lui donnait son mystère. _Mi.G.