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Un Beau Dimanche

Une fois encore, Nicole Garcia pose son regard de femme sur la fragilité masculine à travers son personnage principal. Interprété par Pierre Rochefort dont c’est le premier grand rôle au cinéma, fils de la réalisatrice et du talentueux Jean du même nom, le jeune instituteur suppléant instille d’entrée de jeu sa part d’ombre dans l’esprit du spectateur. L’abandon que subit Mathias résonne dans la propre histoire de Baptiste qui conduit son élève chez sa mère pour qu’il soit choyé. Les vies des trois personnages, blessés pour des raisons différentes, vont se nouer très vite, comme si elles s’attendaient. Revenant à la réalisation plus simple et sincère de ses premiers films (Un week-end sur deux en 1990, Le Fils préféré en 1994), la cinéaste offre avec Un beau dimanche une belle densité psychologique et romanesque classique, adossée aux vicissitudes de l’enfance. Si la première partie du film se déroule dans l’univers populaire de Sandra, la deuxième, plus dense et inattendue, s’inscrit dans le monde bien ordonné de la grande bourgeoisie. Incisive, la réalisatrice dépeint par maints détails le portrait de la famille de Baptiste, vivant en harmonie derrière les grilles d’une luxueuse propriété rurale (piscine, tennis, voitures de sport). Son retour dérangeant en modeste instituteur flanqué d’une compagne, que sa mère qualifie de “passade”, révèle un conflit de classe. Louise Bourgoin et le petit Mathias Brezot sont crédibles, tout comme Éric Ruf en fils aîné, gestionnaire de la fortune familiale. Mais c’est le retour à l’écran de Dominique Sanda, douairière impériale des lieux, évoquant immanquablement Le Jardin des Finzi-Contini, qui force l’admiration. _M.T.