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Two Hundred Thousand Dirty

Narrant les déconvenues d’un trio de traîne-savates embringués dans un projet d’assassinat par une jolie fille, le premier long métrage de Timothy L. Anderson se revendique autant des films noirs peuplés de branquignols, façon Coen, que de ces œuvres fauchées à base de dialogues référentiels riches en “Fuck !” et en mélancolie post-adolescente, dans la lignée de Clerks. Rob, le héros, a tout du personnage de film indépendant américain tel qu’il se pratique depuis fort longtemps. Désabusé, renfrogné, fraîchement célibataire (après avoir surpris sa petite amie en pleine séance sado-maso avec un homme déguisé en Indien), il incarne le loser type, régulièrement mis en scène, avec plus ou moins de bonheur, par quantité de jeunes réalisateurs états-uniens. L’acteur Mark Greenfield, par sa présence à la fois nerveuse et fatiguée, donne en l’occurrence une certaine densité à son personnage. Ses acolytes, en revanche, tendent davantage vers le cliché : le Noir gouailleur et magouilleur, le chevelu amorphe, sorte de philosophe zen à mi-chemin entre le geek et le parasite “white trash” et, enfin, la petite brune aussi mignonne qu’embobineuse… La bizarrerie instillée ça et là – dans l’onctueuse excentricité du méchant ou, par exemple, dans la scène d’ouverture mettant en scène le héros déguisé en lapin – paraît, elle aussi, un peu factice. Les aventures des trois apprentis malfrats se suivent sans déplaisir, mais évoquent plus le scénario bricolé que le projet longuement mûri et désiré par son auteur. Si l’on reproche souvent aux premiers films de vouloir trop en dire, celui-ci, en revanche, pâtit d’un manque d’ambition ou peut-être d’une trop grande retenue. _G.R.