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Two Faces Of January

Hossein Amini, scénariste notamment de Drive, signe ici l’adaptation d’un roman de Patricia Highsmith. Le January du titre, loin de ne renvoyer qu’au mois de janvier, convoque Janus, le dieu aux deux visages, symbole de la dualité de l’homme. Chester (Mortensen) et Rydal (Isaac) sont doubles, en effet, puisqu’ils ont chacun un versant lumineux (ils sont charmants et élégants au grand jour) et un versant obscur (ils n’usent de leurs charmes que pour mieux tromper). Comme dans Le Talentueux Mr. Ripley, de la même Highsmith, l’histoire est construite autour d’un triangle amoureux, mettant à l’honneur la ravissante, mais pas si innocente, Colette (Dunst). Toutefois, ici, l’histoire se complique : Rydal, qui vient de perdre son père, semble trouver en Chester une figure paternelle, tout en nourrissant à son égard des sentiments contradictoires, admiration et dégoût, respect et rivalité (dès lors qu’il s’agit de Colette). Ce triangle amoureux est donc rendu encore plus inflammable par l’intervention d’un nœud œdipien. Le scénario emprunte à un autre grand mythe grec, celui de Thésée, qui, parti vaincre le Minotaure, tomba amoureux de la belle Ariane (laquelle lui offrit le fil lui permettant de trouver son chemin au sein du labyrinthe), puis oublia de changer la couleur des voiles de son bateau pour signifier sa victoire à son père, qui alors se suicida. Et si Chester, figure paternelle, n’était autre que le Minotaure, tué dans les dédales du bazar d’Istanbul ? Et si ce bracelet d’or, malicieux McGuffin, était le fil d’Ariane ? Amini a l’intelligence de parsemer son scénario d’hypothèses qui le rendent passionnant, malgré une mise en scène au classicisme flirtant avec l’ordinaire. Et quel plus beau décor que celui de la Grèce antique pour tourner un film noir ? _P-J.M.