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Tuer Un Homme

Le fait divers, ouvrant à une vaste interrogation sur la nature humaine, est un sujet prisé par bon nombre d’auteurs moralistes. Du Kieslowski de Tu ne tueras point au récent Después de Lucía de Michel Franco, cette façon d’aborder les angles morts de la conscience, en se focalisant sur un nombre limité de personnages et un récit minimal, a parfois donné de grands films. Le point commun de ces fables modernes consiste communément en une recherche de réalisme et d’épure, le but étant souvent de provoquer l’inconfort chez le spectateur. Almendras, avec cette histoire de harcèlement qui finit mal, s’inscrit dans cette “tradition” : une intrigue très simple, peu de protagonistes, un sentiment de malaise… Le début est assez réussi, le cinéaste distillant fort bien le sentiment de menace qui plane sur la famille du héros. Il y parvient d’autant mieux que cette peur de la bande de jeunes, oisifs et issus d’un milieu populaire, est on ne peut plus contemporaine. On peut donc d’entrée se trouver en empathie avec Jorge, et son désarroi, abyssal, est parfaitement restitué par l’acteur principal. La réalisation, qui aurait certes pu se passer de certains effets “reportage”, est plutôt sobre et efficace. Reste la question majeure du film : tout ça pour dire quoi ? Il ne s’agit pas de regretter ici l’absence d’une morale explicite et univoque, mais on aurait pu s’attendre à une ouverture vers quelque chose de plus large – vers nous-mêmes, peut-être. Or, l’auteur s’attache avant toute chose à décrire l’acte de Jorge et à en montrer les conséquences d’une façon très pragmatique. Oui, un cadavre, ça pue. Oui, la culpabilité, c’est dur. On s’en doutait. Et on peut donc regretter que le film ne nous amène pas plus loin, dans le trouble ou la réflexion. _G.R.