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Tristesse Club

Passé par la Fémis et remarqué dans le monde du court métrage (Le Meilleur ami de l’homme, Double mixte, Les Lézards), Vincent Mariette passe au long avec un film dont le casting dans le vent et l’ironie dépressive pourraient faire craindre un pur produit de l’air du temps. Mais on a vite la bonne surprise de découvrir une œuvre personnelle, modeste et tenue. Tristesse Club met en scène un trio “deux garçons-une fille” qui peut rappeler ceux de Blier et semble souvent prêt à partir sur leurs traces (la scène avec N. Lvovsky sonne clairement comme une référence à Tenue de soirée), mais qui revient régulièrement dans l’axe – plus soft – d’une mélancolie élégante à la Wes Anderson (auquel la figure du père indigne renvoie également). Rigoureux et ne cherchant pas à faire le malin, Mariette assume le minimalisme de son propos et le côté très premier degré de son approche : les enjeux sont simples, exposés frontalement, et ce qui compte ici, ce n’est pas qu’il y ait quelque chose à lire entre les lignes, mais que les mots sonnent juste, que les personnages existent. Et ils existent. D’abord grâce aux acteurs (et en premier lieu à V. Macaigne, imparable et désarmant dans un rôle de gentil proche de celui qu’il tenait dans Un monde sans femmes), mais pas uniquement. Car Mariette ne se contente pas de se reposer sur eux et sait régulièrement trouver des idées de mise en scène pour faire vivre ses dialogues et donner du tempo au récit. Certes, la limite du projet est de ne viser que des émotions mesurées (on ne hurle pas de rire, on n’est jamais totalement bouleversé), mais en tenant ses objectifs avec classe et justesse, Tristesse Club réussit à diffuser un charme constant et s’impose comme un coup d’essai maîtrisé et prometteur. _N.M.