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Transcendance

S’il est l’œuvre de son chef-opérateur, Wally Pfister, Transcendance semble pourtant, avant toute chose, un avatar mal dégrossi du cinéma de Christopher Nolan (ici producteur exécutif). Curieusement, il en reprend et accentue les faiblesses : celles d’une œuvre impropre à consommer l’altération, la perte ou la dispersion de l’humanité de ses protagonistes – pourtant l’une de ses marottes (cf. Inception) -, pour n’avoir pas su, cette humanité, la filmer au préalable, fasciné qu’il était par ses récits théorico-labyrinthiques et son imaginaire high-tech. Si Johnny Depp, ici à l’état de programme ectoplasmique, peu présent à l’écran (si ce n’est, justement, par écrans interposés) ne semble guère plus présent en termes de jeu, faut-il comprendre que c’est parce qu’il est, plutôt qu’absent, ailleurs, partout sauf en lui-même, qu’il s’est écoulé sur le web, dans d’autres corps que le sien, dans l’ADN d’une goutte de pluie ? Plus gênant encore : pour flirter avec l’anticipation, le film n’en a pas moins quelques serveurs de retard. L’énigme des origines de la conscience, les limites morales et éthiques de la recherche, les conséquences potentiellement tragiques de découvertes échappant à leurs créateurs : sur tous ces sujets, Transcendance arrive trois ans après le beau reboot de La Planète des singes et, sans être indigne, semble curieusement daté. Mais l’essentiel est sans doute ailleurs : aux abonnés absents, ou peu s’en faut, Depp était en revanche bien présent sur la grille salariale, puisqu’il se dit que l’acteur aurait touché, pour son caméo de prestige, 20 millions de dollars… _T.F.