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Tonnerre

Ne pas se fier à la présence au casting de Bernard Menez, interprète emblématique des films de Jacques Rozier, auquel on avait comparé Guillaume Brac à la sortie d’Un monde sans femmes, son très beau moyen métrage de 2012. Car dans Tonnerre, après une petite heure en terrain familier, Brac s’attache d’ores et déjà à rebattre les cartes de son cinéma. Chronique naturaliste aux accents documentaires, forte de son inscription dans un territoire singulier, saisi dans sa quotidienneté autant qu’ouvert au romanesque, comme l’était déjà Un monde sans femmes (aux paysages de la Côte d’Opale succèdent ceux du Morvan sous la neige, et surtout les décors de la ville qui donne son nom au film, entre pizzérias anonymes, galeries souterraines et maisons abandonnées), Tonnerre fait une embardée dans un récit à la lisière du film de genre, entre péripétie de polar et climat fantastique. C’est alors un second film qui commence, revers inquiet du premier, prenant pour point de bascule une trahison amoureuse – ou quand l’abandon de l’être aimé, le vide brusquement laissé, se font le creuset de tristesses, d’échecs et d’empêchements plus anciens. La césure occasionnée, si elle agit comme un exhausteur de fiction, s’avère trop artificielle pour convaincre, mais vaut pour la variation qu’elle imprime à la partition que, de film en film, Vincent Macaigne compose (personnages de trentenaires plus ou moins paumés, pas tout à fait adultes encore et pourtant déjà rescapés). Loin de ses prestations lunaires chez Betbeder ou Mariette (Tristesse Club), l’acteur impressionne en anti-héros borderline et tourmenté, prolongeant en quelque sorte la veine initiée dans le film de Justine Triet, La Bataille de Solferino. _T.F.