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Temps Qu’il Fait

Tourné en 1999, ce premier moyen métrage de Nicolas Leclere sort sur les écrans à la faveur de la belle actualité de son interprète principale, Astrid Adverbe, à l’affiche du dernier film de Paul Vecchiali, Nuits blanches sur la jetée. Est-ce aujourd’hui le temps du film, autrement dit, est-il, lui, d’actualité ? C’est ce qu’il ne saurait être, et sans doute d’aucun temps, car il appartient plus à une famille du cinéma français, qu’à un air du temps, justement. Un certain tempo, une mise en scène virevoltante, des dialogues qui jouent l’approximation avec un certain raffinement, Le Temps qu’il fait suit les circonvolutions du parcours de Louise, et des électrons mis en orbite sur son instance, sous influence rohmérienne. La présence de Marie Rivière – neuf fois dirigée par Éric Rohmer, qui l’avait fait débuter dans Perceval le Gallois – ne doit probablement rien au hasard. Notons également que Nicolas Leclere est crédité au casting de Triple Agent (2003). Le Temps qu’il fait n’est pas pour autant une citation stylistique en forme de révérence : le réalisateur navigue à vue, c’est-à-dire librement. Le Temps qu’il fait, c’est le temps qu’il faut, ou qui fait défaut : les ellipses dont use le réalisateur sans modération sont un précieux contrechamp à la fantaisie, un retrait abritant ces creux où vient se lover la gravité qui équilibre l’apparente inconséquence d’une quête que rien ne vient motiver sérieusement à l’écran. Le hors champ, par où s’échappe Louise à plus d’une reprise – notamment à la toute fin, joliment – c’est l’insaisissable, qui est à la fois la marque du personnage, celle de son vécu, et celle du film. _G.B.L.