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Temps Des Aveux

Adapté du livre de F. Bizot, Le Portail, Le Temps des aveux se montre fidèle, “à la lettre”, à l’esprit de son auteur, jusqu’à adopter son style distancié et intellectuel. Il est, en effet, très vite évident que Régis Wargnier ne cherchera ni l’émotion facile ni le spectaculaire. La reconstitution du Cambodge des années 1970 se limite ainsi à ce qui est nécessaire : quelques plans d’une Phnom Penh désertée en 1975 suffisent à imposer un climat de terreur ; une scène de torture permet de comprendre qu’il y en eut bien d’autres ; l’esprit fin de règne plane sur la dernière partie, cacophonique, qui se déroule au sein de l’ambassade de France, etc. Wargnier ne prétend rien nous apprendre et il nous épargne donc le didactisme. En n’ignorant pas le travail de Rithy Panh, d’ailleurs à la production, il permet au spectateur d’explorer le mécanisme d’un génocide à nul autre pareil et d’approcher, sous un angle nouveau, la figure désormais emblématique de Douch, le futur directeur de la prison S21. Cependant, à force de ne pas vouloir forcer l’émotion, Le Temps des aveux souffre d’un manque. Le film reste de bout en bout factuel et ne donne pas beaucoup à ressentir. Ressentir, par exemple, ce que peut être de rester deux mois et demi captif d’une machine dont on ne peut agir sur aucun des rouages. Cette détresse et ce désir d’en comprendre le fonctionnement sont couchés sur papier, mais jamais retranscrits à l’écran (et donc transmis au spectateur). De même, la relation qui s’établit, presque malgré lui, entre le Français, intellectuel, et son geôlier, grand amateur de culture française, demeure théorique, désamorçant de fait un final prévu pour être la grande confrontation, forcément ambiguë, entre ces deux hommes que sépare l’essentiel : leur définition de ce qu’est l’humanité. _Ch.R.