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Still The Water

Naomi Kawase est revenue en grande forme à Cannes avec ce film, après s’être perdue quelques années dans des spéculations ésotériques lancinantes et délayées. Elle parvient avec grâce à nous faire sentir comme un flux venant de la même source, la vie qui parcourt et anime l’île, sa végétation profuse et presque tropicale où le vert est partout présent, la mer environnante d’un bleu éther, sans cesse ondoyante, ses habitants, ses personnages principaux. Le tremblé de la caméra transmet l’attention aigüe et l’émotion de la cinéaste japonaise devant toutes les manifestations de la nature, aussi petites soient-elles. Il peut être interprété comme le signe de l’excitation de Kawase devant la vie et l’abondance de ses formes, même violentes, où tout est toujours en cours de transformation. Tout le monde n’est pas capable d’un tel plaisir dans la contemplation de ce qui vit, si l’on en croit la vision de cette machine qui, dotée d’une gigantesque mâchoire, déracine des arbres énormes. Réalisatrice dont le cinéma postule la présence d’un monde invisible, de l’âme donc (du monde, des êtres), Kawase nous fait sentir ce dernier en captant la moindre nuance d’un ciel ou d’une ondulation marine, d’un regard, d’une expression sur un visage. Elle nous plonge dans cet invisible en prenant son temps pour filmer les deux jeunes amoureux à vélo par un travelling sublime, ou en train de nager lors de sensuelles et innocentes chorégraphies sous-marines. Ainsi, peu à peu, voici le spectateur immergé dans une énergie fluide, qui monte en intensité continûment et l’entraîne de façon sereine vers un ailleurs d’émotions fortifiantes. Still the Water aurait néanmoins pu être allégé de quelques longueurs démonstratives tirant parfois l’ensemble vers une dimension métaphorique cette fois trop théorique. _P.F.