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Souffle Des Dieux

Selon la tradition indienne, le yoga moderne, pratiqué par des dizaines de millions de personnes, vient du dieu Shiva. Historiquement, l’une de ses formes actuelles remonte au début du XXe siècle, sous l’inspiration d’un érudit indien, T. Krishnamacharya (1890-1989), fondateur de la yogashala de Mysore. Pourquoi, vieille de 5 000 ans, cette tradition philosophique provoque-t-elle encore pareil engouement, s’interroge Jan Schmidt-Garre ? À travers les yeux du cinéaste allemand, auteur de nombreux films consacrés aux arts du spectacle, Le Souffle des Dieux tente de répondre à cette question. Pour l’essentiel, ce voyage initiatique se compose d’interviews d’adeptes célèbres et de parents du maître, de reconstitutions concrètes de son enseignement et d’exceptionnelles images d’archives des années 1930. Des démonstrations, exécutées notamment par le réalisateur lui-même, prouvent que la pratique du yoga, contrairement au sport, s’adapte sans fatigue à tout âge. Cela dit, si Pattabhi Jois, ancien élève du maître, débute son cours collectif par une simple “salutation au soleil”, des vidéos d’archives en Noir & Blanc montrent Krishnamacharya, jeune homme ascétique, exécuter lentement différentes asanas (postures) extrêmement difficiles avec une facilité déconcertante ! Son neveu B.K.S Iyengar, non moins célèbre gourou de Pune depuis 1937 (professeur de Yehudi Menuhin), explique, face à la caméra, que le yoga a longtemps été considéré comme une série d’acrobaties pratiquées par des charlatans et des attardés mentaux. L’homme à la belle crinière blanche et aux sourcils broussailleux relate avec humour ses asanas exécutées en présence du Maharadjah. En témoignent d’étonnantes images d’archives de la famille royale assistant, devant son mirifique palais de Mysore, à une démonstration de contorsions impressionnantes. Au fur et à mesure qu’avance le documentaire, le spectateur découvre que, pratiqués conjointement avec la respiration profonde, les exercices yogiques (bénéficiant d’un vocabulaire spécifique), la relaxation et la concentration, sont source d’un bien-être tant physique que mental. Ce dont finit de nous persuader la séance silencieuse et sereine au cours de laquelle la fille cadette de Krishnamacharya reproduit la pratique toute personnelle de son père, l’une des séquences phare du film à n’en pas douter. C’est ce “trésor caché du savoir”, enseigné par le maître aux hommes comme aux femmes, que Jan Schmidt-Garre tient à faire partager, sans pour autant tomber dans les clichés habituels sur l’Inde. Ainsi, le réalisateur a-t-il recours non pas au sitar habituel, mais à une musique romantique (telle que l’aria orientaliste Chanson du marchand hindou, extraite du Sadko de Rimski-Korsakov). Comme s’il fallait définitivement convaincre le spectateur des bienfaits du yoga, le cinéaste se filme dans la posture du poirier, “roi des asanas”, sous l’œil vigilant du vieil Iyengar et de ses élèves hilares. Un document qui, s’il ne passionnera peut-être pas tous les néophytes- le film est un peu long et très technique -, présente un intérêt historique certain. _M.T.