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Sorcières De Zugarramurdi

Un christ doré, un soldat vert, Bob l’éponge ou encore Minnie, assistés d’un gamin d’une dizaine d’années “qui devrait être à l’école”, braquent en plein centre de Madrid l’établissement d’un négociant en or. Avec cette séquence d’ouverture délirante, le réalisateur donne le ton. Álex de la Iglesia (Le Jour de la bête, Balada triste…) renoue avec le fantastique et mêle à nouveau le trivial à l’absurde, le déjanté au réaliste (avec des dialogues souvent réjouissants), pour s’attaquer à cette comédie horrifique qui met deux petits braqueurs et leur chauffeur, très remontés contre la gent féminine, aux prises avec un trio de sorcières – parmi lesquelles Carmen Maura en maîtresse de cérémonie et Carolina Bang dans le rôle de sa fille punk – décidé à leur faire ravaler leur arrogance de mâles. Le récit plonge allègrement dans la satire en revisitant les codes de la sorcellerie : le balai devient un objet érotique, le condamné au cachot se complaît dans sa misérable situation et la vieille sorcière conduisant les divinations est atteinte d’Alzheimer… Avec, une fois encore, une bonne dose de l’humour noir qui a fait la réputation du réalisateur, comme ce running gag du client ligoté puis mangé petit à petit, qui ne demande qu’à rentrer pour un entretien de travail… Le tout servi par une photographie qui ajoute au caractère baroque des décors : un village dans la brume, un manoir infesté de toiles d’araignées, des grottes éclairées à la torche. L’intrigue souffre de quelques longueurs (la scène à l’auberge, notamment) et frise parfois le trop-plein, mais trouve toujours le moyen de rebondir sur une trouvaille, qui relance notre intérêt jusqu’à un final en forme d’apothéose. _M.Q.