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Soongava

Véritable miroir de la société népalaise contemporaine, drame familial se transmuant peu à peu en authentique tragédie, Soongava dénonce les failles socioculturelles du pays à travers le récit d’une histoire d’amour. Plus précisément, le premier film de Subarna Thapa brise un tabou en abordant de front un sujet toujours sensible au Népal : l’homosexualité, féminine en l’occurrence. Comme le montre le film, les homosexuelles courent le risque d’être mariées de force à des hommes qu’elles ne connaissent pas, voire battues et violées, ou encore dénoncées à la police par leur famille. Le réalisme du traitement – qui, par endroits se pare d’accents documentaires – sert l’objectif premier du cinéaste, à savoir alerter l’opinion sur cette situation. Au fil du récit, le film s’attache à faire découvrir un ensemble de pratiques et de traditions, à travers des scènes de rituels, de danse et de moments en famille. Mais le jeu guère convaincant des deux actrices, Nisha Adhikari et Bashundara Bhushal, associé à une mise en scène sans relief, font que le film ne se montre pas à la hauteur de l’enjeu. L’intérêt de Soongava réside alors tout entier dans son propos : non, rappelle-t-on ici à toutes fins utiles, l’homosexualité n’est pas une maladie mentale, et oui, on peut aimer quelqu’un du même sexe sans pour autant renier sa famille. L’objectif de Subarna Thapa est clair : faire évoluer les mentalités de son pays. En termes de cinéma, en revanche, l’intérêt de Soongava reste pour le moins limité. Saluons toutefois le fait qu’à travers ce film, et malgré ses faiblesses, nous arive des nouvelles du cinéma népalais, dont nous ne savons à peu près rien. _F.B.