Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Something Must Break

Comme son personnage principal, le réalisateur suédois Ester Martin Bergsmark porte un double prénom, féminin et masculin. Il adapte ici un livre d’Eli Levén, You Are the Roots That Sleep Beneath My Feet and Hold Earth in Place qui l’a, dit-il, bouleversé. Formellement très réfléchi, inspiré par Le Caravage, de l’aveu de son auteur, ce troisième long métrage revêt aussi les attributs codifiés du film “indé”. Plans serrés sur les visages, les peaux, les objets, errances nocturnes en clair-obscur flottant, petits jours et couchants tremblés, plans fixes picturaux ici et là et monologues intérieurs en voix off. Compte tenu du sujet, les séquences de sexe restent relativement pudiques, la caméra s’attardant d’avantage sur les expressions de souffrance ou de plaisir que sur les corps eux-mêmes. Ce qui rend perplexe, en revanche, est la psychologie du personnage de Sebastian, qui revendique pourtant une sorte de masochisme (il aime se faire uriner dessus) mais ne laisse à Andreas (qui de son côté apprécie les scarifications) aucune chance de rattraper ses gaffes et son atermoiement assez compréhensif. L’intransigeance de Sebastian, quoique déconcertante, est sans doute la pierre angulaire du film et peut être le manifeste du réalisateur : femme dans un corps d’homme à la gracile féminité, le personnage n’aspire pas à une transformation intime. Il veut être aimé pour ce qu’il est, hic et nunc. Le/la jeune Saga Becker, dont c’est ici le premier rôle, incarne fort bien l’ambiguïté et la douce radicalité de Sebastian face à un Iggy Malmborg convaincant en hétéro déstabilisé. Malgré un goût pour les affèteries esthétiques, un charme ténu opère par moments. _M.D.