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So Long

On ne croit pas une seconde à cette confrontation entre, d’un côté, une vie de luxe et la déchéance qu’elle implique (prostituées, alcool, drogue…) et de l’autre, les aspirations d’un musicien dandy et non matérialiste parisien. Ce film à petit budget aurait pu ouvrir à un questionnement intéressant sur ce qu’est la quête d’un idéal, au lieu de quoi il se perd dans une succession de stéréotypes de mauvais goût. Tout ici, du destin en amour au bonheur des choses simples, en passant par la tristesse et la démence qu’impliquent parfois la richesse – toutes choses déjà montrées mille fois au cinéma -, est réécrit sur fond de pathos mielleux et condescendant. Outre l’approche réductrice qui consiste à faire de la musique la réponse à tous les maux, la mièvrerie des chansons participe à la lourdeur du film. So Long, pourtant, se veut une interrogation, tant narrative qu’esthétique, de la confusion que tout un chacun peut être amené à ressentir face au réel. Le subconscient de Joaquim lui joue des tours, pour le pousser à ne pas devenir, comme son frère, un homme avide et malheureux. La mise en scène tente, en vain, d’appuyer l’illusion dans laquelle le personnage prend conscience de ses véritables aspirations : l’amour, la musique, la pureté d’une existence pas encore salie par le « démon capitaliste » (lequel est évoqué par la Mercedes de Mathias, tentation suprême conduisant à la perte de l’homme)… On peine à vrai dire à percevoir le moindre intérêt dans So Long : ni le jeu des acteurs, ni l’écriture (qui s’empêtre dans un mélange des genres rocambolesque), ne nous permettent pas d’adhérer à la quête d’idéal de Joaquim. _C.M.