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Serena

Le roman de Ron Rash offrait une trame merveilleusement mélodramatique à Susanne Bier, celle-là même que la cinéaste danoise a justement l’habitude de manier. Mais de toute évidence, Serena a été conçu sur de mauvaises bases, et chaque scène succède à la précédente dans un enchaînement qui semble échapper à la réalisatrice elle-même. De belle facture, la mise en scène n’est pas vraiment en cause. Ni même le jeu des comédiens, dont le duo a fait des étincelles ailleurs, dans le joli Happiness Therapy qui les a rendu incontournables et visiblement inséparables puisqu’American Bluff les a également fait se croiser depuis. La reconstitution assure par ailleurs de se fondre facilement dans la Grande Dépression. Et le décorum propice à la tragédie est tout à fait perceptible dès les premières images. Alors que se passe-t-il ? Et bien justement rien. Serena pourrait être un cas d’école pour prouver qu’un film n’est pas un programme mathématique et que sa réussite ne se détermine pas par un algorithme. Car tout semble ici “faire comme si”. Le spectateur est censé adhérer aux codes d’un genre qu’il connaît bien, les personnages ont forcément des sentiments exacerbés puisque nous sommes dans un mélo. “On dirait que” donc. Mais un film n’est pas un hologramme, et il ne suffit pas de dire pour que cela soit. Malheureusement, le scénario dans son entier repose sur des dialogues explicatifs, rendant toute scène répétitive et donc inutile. Cette superproduction se révèle ainsi être un parfait ratage, demeurant dans l’incapacité totale de faire naître la moindre émotion alors qu’il semble que tout soit fait pour qu’elle jaillisse à chaque plan. _Ch.R.