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Auréolé de son Oscar pour The Artist, Michel Hazanavicius a retrouvé la compétition cannoise avec The Search, remake des Anges marqués de Fred Zinnemann (1948). La Tchétchénie de 1999 se substitue au Berlin de l’après-Seconde Guerre mondiale, et Bérénice Bejo à… Montgomery Clift. Depuis le festival, le cinéaste a fait évoluer son film, remonté et raccourci d’une vingtaine de minutes. Ce qui en constituait le plus gros handicap – Carole, le personnage agaçant et tête à claques incarné par Bejo – est ainsi réduit au minimum. On peut noter aussi quelques coupes dans la partie russe. Est-ce suffisant pour bouleverser totalement le film ? Pas tout à fait. Hazanavicius est très à l’aise dans la partie consacrée à Kolia (Maxim Emelianov, véritable révélation du film), hommage assumé à Requiem pour un massacre et relecture brutale de l’endoctrinement militaire dépeint dans Full Metal Jacket. Comment un jeune adulte ordinaire et insouciant devient-il un soldat obéissant et dénué de sens moral ? En s’interrogeant sur cette transformation, Hazanavicius offre un ample souffle à The Search. Mais, comme dans le montage originel, sa volonté est de signer un mélodrame de guerre. Paradoxalement, en sacrifiant le personnage de Carole, il atténue cette ambition. Écrit et tourné avec une sincérité évidente, The Search manque d’un point de vue précis et d’un recul qui aurait été bienvenu. Hazanavicius, l’un des rares cinéastes français contemporains capables de conjuguer succès populaire et vision d’auteur, déçoit donc avec un projet tout aussi risqué que le précédent. On ne peut pas gagner à chaque fois : on peut parier que le réalisateur a de la ressource pour rebondir… _Mi.G.