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Sarah Préfère La Course

Qu’est-ce qui fait courir Sarah ? Le film ne nous le dira pas. Ce qui est sûr, c’est qu’elle fuit quelque chose. Elle n’a pourtant pas besoin de courir pour échapper à un environnement nuisible. Sa mère, aimante, ne partage peut-être pas la passion de sa fille, mais elle l’accepte. Quand Sarah court, elle vit. Mais on s’aperçoit bientôt que Sarah ne vit “que” quand elle court. Car les copines, les petits amis, faire la fête n’intéressent pas Sarah. Elle boit de l’alcool, fait l’amour, s’essaie aux relations sociales, mais aucune de ces expériences n’égale en intensité le plaisir du pas cadencé. Le film montre une jeune femme se pétrifier dans son obsession. Encore un portrait d’ado ; mal dans sa peau, cela va sans dire. Encore une psyché opaque, rétive à l’interprétation. Certes, rien de nouveau sous le soleil, le modèle ayant déjà été décliné à de multiples occasions, dans des œuvres parfois moins talentueuses. Toutefois, on saluera ici l’interprétation de Sophie Desmarais (Le Démantèlement) qui parvient à produire un jeu neutre, constamment traversé de micro fêlures. Sarah préfère la course est tout le contraire d’un récit d’apprentissage, ou la chronique d’une mutation. Grâce à des plans très composés, des rimes visuelles illustrant l’enfermement psychique, Chloé Robichaud radiographie une résistance plutôt qu’une transition. Car ici, la course suggère le surplace existentiel. Au moment du grand saut dans la vie adulte, Sarah s’accroche à ses “runnings”, et court, au risque de se fracasser contre un obstacle : la réalité. C’est le cœur de Sarah qui s’insurgera contre cette vie enfermée dans les couloirs des courses de demi-fond. Fuir le bonheur ne la sauvera pas. _J.C.