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São Paulo Blues

Avec São Paulo Blues, Francisco Garcia transpose Stranger than Paradise dans le Brésil de Lula. L’hommage à l’œuvre de Jarmusch (et plus généralement aux années 1980) est on ne peut plus littérale, non seulement par la présence de l’affiche du film dans l’atelier d’un personnage, mais aussi pour les tonalités de la photographie, le récit d’une relation triangulaire et une poignée de séquences en guise de citations explicites. Et peut-être aussi par le nombre de bières ingurgitées et de cigarettes fumées par les protagonistes (sans compter les joints). Cet instantané de la vie de trois amis prend aussi une forme allégorique et étrange, à la manière du cinéma underground brésilien. Ainsi, le jeune réalisateur filme l’ennui palpable de trentenaires de São Paulo, qui tournent en rond dans un monde clos, à l’image des poissons que Luara vend. Il n’est question de croissance économique qu’à la télévision : dans l’univers qui est le leur, Luca, Luara et Luiz finissent par voler parce qu’ils ont besoin d’argent pour l’essence, les bières, le Viagra, le cadeau pour la grand-mère de Luca. L’argent sert à oublier, à fuir un instant leur enfermement. São Paulo Blues réserve des images cocasses, comme celle de l’appartement de Luara, qui donne sur l’aéroport d’où elle ne décollera jamais ; et des moments de grâce, notamment avec l’étrange pilote qui séduit Luara. Enfin, le film s’appuie sur une bande-son étonnante, où chaque personnage est représenté par une musique : metal pour Luca, violons pour Luara et techno hardcore pour Luiz. À la fois onirique, réaliste et absurde, ce premier long métrage a été récompensé à San Sebastian en 2012 par le prix Nuevos Directores. _G.T.