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Salaud, On T’aime

Manque d’argent, manque d’acteurs hauts en couleur, manque de goût de l’époque pour la flamboyance : on le sait, depuis une quinzaine d’années, Lelouch tente de continuer à faire des films dans un contexte qui lui est résolument défavorable. En 2007, il avait su en prendre acte et se réinventer avec Roman de gare. Mais ici, en essayant de réactiver sa veine la plus populaire – celle de la comédie et du polar – il donne l’impression de chercher ses mots dans une langue hors d’usage. Le film s’ancre de toute évidence dans une sorte de propos autobiographique détourné (le côté “salaud, on t’aime”, dont on peut imaginer que les ex-femmes et les enfants du cinéaste verront à quoi il se réfère), mais dont il semble ne pas oser faire pleinement son sujet. Du coup, il recycle dans la plus parfaite confusion une série de classiques de son catalogue : des histoires de changement de vie, d’amitié virile, de casse, de domestiques énigmatiques, de maladie vraie ou pas, de coup de foudre amoureux… Tout un bric-à-brac d’autocitations, qui s’emboîtent mal (ce qui n’est pas forcément grave), mais surtout auxquelles il ne semble jamais vraiment croire (ce qui l’est beaucoup plus). L’utilisation du tandem Johnny-Eddy (coup de casting typiquement lelouchien et pas forcément mauvaise idée) débouche sur étonnamment peu de complicité et d’authenticité à l’écran. Néanmoins, parfois, quand le projet se laisse aller sur le versant “film de troupe”, on sent qu’il pourrait se passer quelque chose d’un peu juste, chaleureux et inattendu. Mais Lelouch ne se fait plus suffisamment confiance dans ce registre, et il s’empresse d’étouffer l’élan sous une cascade de rebondissements improbables et inutiles, censés en donner au spectateur pour son argent. _N.M.