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Rover

L’Australie, son bush, un futur apocalyptique : difficile de ne pas penser au Mad Max né de l’esprit de George Miller. La référence est implicite dans ce deuxième film de David Michôd, remarqué avec son excellent premier long métrage, Animal Kingdom. Ce nouvel opus en retrouve la noirceur extrême, mais la pousse plus loin encore en la transposant dans un futur sans espoir. Un retour à l’esprit du Far West, où les hommes de loi – les militaires – font régner un semblant d’ordre, sans conviction. La violence est commune et chacun doit lutter pour survivre. The Rover (le vagabond, le nomade) conte le chemin sanglant d’un homme seul, rongé par son passé, pour reprendre ce qui lui appartient : sa voiture, volée par des braqueurs. D’un événement anodin, Michôd tire un enjeu ténu, qu’il étire jusqu’à l’excès. Là où (Mad) Max voulait venger sa famille, Eric n’a ce désir de vengeance que pour récupérer son véhicule, sans que le spectateur puisse comprendre l’importance qu’il lui accorde. Car Eric, porté par la composition anxieuse de Guy Pearce, semble avoir baissé les armes depuis longtemps : pour lui, la vie s’est arrêtée avec l’effondrement de la société telle qu’il la connaissait. S’il a largement les moyens de survivre dans ce monde sans foi ni loi, il n’en a plus l’envie. Sa rencontre inopinée avec Rey (R. Pattinson, dans un rôle quasi autiste) lui instille-t-elle une énergie retrouvée ? Sans cynisme mais avec un désespoir certain, Michôd ne répond pas à cette question. En dévoilant in fine le passé coupable d’Eric et sa motivation, le cinéaste joue même un tour au spectateur : à lui de leur donner un sens – vital ou insignifiant – et de décider s’il faut voir, dans la dernière image, une étincelle d’humanité subsistant dans un monde en ruine, ou au contraire un symbole de désolation définitive. _Mi.G.