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Robocop

Ce RoboCop version 2014 fait un pari simple et plutôt honnête : passer outre la sempiternelle question de la raison d’être d’un remake pour n’exploiter qu’une marque. Son postulat mis à part – un policier intègre est tué dans l’exercice de ses fonctions et “ressuscité” en cyborg -, l’intrigue du film de José Padilha n’a que peu à voir avec l’original signé Paul Verhoeven en 1987. Tout d’abord, le scénario se concentre sur la réinsertion d’Alex et l’apprentissage de son nouveau corps : un robot peut-il vivre en couple ? Qui, de l’humain ou de la machine, prédomine ? Si l’on sent la tentation du film de s’aventurer sur des questions morales (dans la lignée de l’œuvre d’Asimov), le ton frondeur et corrosif de l’original pèse aussi sur ce remake. La dimension politique qui l’imprégnait et lui a donné sa valeur – ou comment une série B eighties est parvenue à ne pas prendre une ride – est retranscrite ici dans les manœuvres d’Omnicorp, multinationale tentaculaire et surpuissante, et de son PDG, un avatar raté de Steve Jobs auquel le rare Michael Keaton prête ses traits. En faisant de RoboCop un produit de propagande économique, soutenu aveuglément par un présentateur TV ultra partisan (Samuel L. Jackson dans un second rôle très réjouissant), Padilha touche juste. Mais le cinéaste brésilien, reconnu internationalement pour Tropa de elite et sa suite, est rattrapé par les impératifs d’un blockbuster aseptisé : livrer un divertissement pour tous, propre et sans bavures. Or, les scènes d’action y sont ternes, loin de la fureur de la version Verhoeven. Toute la différence entre 1987 et 2014 se trouve là : Verhoeven fustigeait les années Reagan à coups de lance-grenade, Padilha, lui, s’attaque aux années Bush à coups de Taser… _Mi.G.