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Respire

Pour son deuxième long métrage comme réalisatrice, après un premier essai prometteur, Les Adoptés, comédie romantique qui virait au mélo, la comédienne Mélanie Laurent se radicalise. En adaptant un roman sec de Anne-Sophie Brasme, elle se penche avec minutie et cruauté sur l’amitié entre deux adolescentes. L’une est brune, à bas bruit, et ses poumons explosent en soudaines crises d’asthme ; l’autre est blonde, flamboyante et semble transformer l’air qu’elle respire en poussière d’étoile. On a tous connu ces moments suspendus de coup de foudre amical pour une plus pimpante, une plus rayonnante que soi. L’aspect fusionnel est ici évoqué en quelques images et peu de mots : l’éviction de la meilleure amie, la séance maquillage, l’échange de vêtements… Or, très vite, ce qui se noue entre ces deux-là tourne à l’insidieux, au vénéneux. Sarah s’installe littéralement dans la vie de son amie, séduit sa mère, s’invite en vacances, et puis se transforme, comme si un monstre sortait d’elle par moments. Laurent s’attache alors à filmer le sillage et l’impact d’un faisceau de minuscules fléchettes empoisonnées. Elle enveloppe les personnages avec discrétion, trop peut-être, épousant le point de vue de l’une, puis des deux, avant de revenir sur la première. Respire est porté par le regard attentif que pose son auteur sur ses deux prometteuses actrices – Joséphine Japy et Lou de Laâge, évidentes -, mais auquel manque encore une forme d’assurance : celle qui électriserait le spectateur, le bousculerait, voire le bouleverserait. Le cinéma de Mélanie Laurent est encore trop sage pour oser des sorties de route un peu plus déstabilisantes. Mais Respire démontre tout de même que la jeune femme a un bel avenir de réalisatrice devant elle. _La.R.