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Real

Au premier abord, Real pourra rappeler, par son exploration des méandres de l’inconscient, Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004), romance dans laquelle les souvenirs d’un amour jadis fertile se faisaient la clé de voûte d’une histoire désormais en friche. Mais le film évoque davantage encore certaines des œuvres précédentes de Kiyoshi Kurosawa, Kaïro (2001) en premier lieu, dont il semble un écho, sinon solaire, du moins ouvert à une forme d’optimisme. Si Kiyoshi Kurosawa nourrit Real d’une esthétique maîtrisée (servie par des effets spéciaux de qualité) et d’une atmosphère brumeuse et énigmatique, il peine hélas à convaincre sur la durée. Adaptée d’un roman, l’histoire de ce jeune homme désespéré par la tentative de suicide de l’élue de son cœur, et auquel la technologie offre la perspective, révolutionnaire, de pénétrer son inconscient – afin de communiquer avec elle et de comprendre son geste -, est en premier lieu très attrayante, avant de se révéler bientôt brouillonne. Nonobstant une remarquable beauté plastique, toujours au service d’une poétique propre à l’auteur (notamment dans le traitement des figures humaines, dont les traits sont tantôt lisses, tantôt brouillés, à demi effacés, comme soumis au traitement d’un esprit tourmenté), auquel s’agrègent quelques trouvailles de mise en scène (une pléiade de jeux sur les reflets, là encore un motif récurrent chez le cinéaste), Kurosawa, en multipliant les pirouettes scénaristiques, finit par s’égarer lui-même, et les allées et venues entre le réel et l’irréel finissent par devenir lassantes. Enfin, chacun jugera de la pertinence d‘un final pour le moins inattendu, grotesque pour les uns et splendide pour les autres, mais assurément monstrueux. _L.R.