Warning: Cannot assign an empty string to a string offset in /home/www/fdcprod/wp-content/themes/hague/inc/template-custom.php on line 161
Search for content, post, videos

Rayures Du Zèbre

“Y a rien de plus con qu’un Blanc qui se prend pour un Noir”, dit José lorsque Koen, le recruteur, se balade en boubou. Dans cette chronique douce amère qui suit les pas d’un chasseur de têtes belge en Afrique, le réalisateur Benoît Mariage (Les Convoyeurs attendent) tente de retrouver le ton des reportages de ses débuts pour la formidable émission télévisée Strip-tease. Le mélange fiction/réalité ne prend pas toujours, notamment dans l’exposition, qui présente José sous un jour peu flatteur, à la fois pathétique et tout-puissant. Il faut passer ce cap, où le sexisme le dispute à la vulgarité et au racisme, pour réaliser la profondeur du sujet et sa difficulté. Car, si le vieux fond de colonialisme des Blancs est sans doute ce qui dérange dans le démarrage des Rayures du zèbre (vannes aisées, drague facile), le scénario ne mégote pas plus sur la propension des Noirs à prendre les Blancs soit pour des messies qui vont les emmener vers l’ailleurs et la richesse, soit carrément pour des vaches à lait. Glissant progressivement de la comédie balourde au drame, le film s’égare en route sur une troisième piste : celle de la paternité, José usurpant un temps le rôle de père pour Yaya, avant de se voir offrir une nouvelle chance en Côte d’Ivoire, où Gigi est tombée enceinte de lui. Cette piste supplémentaire n’apporte pas grand-chose (même si elle permet une fin assez jolie). La mise en scène, si neutre qu’elle finit par sembler absente, manque terriblement de rythme : en 80 minutes de projection, l’ennui pointe souvent. Il n’empêche que, a posteriori, les promesses du sujet mêlées aux subtilités réelles de la deuxième partie rehaussent (un peu tard certes) l’intérêt de ce drôle de zèbre. _I.D.