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Dès le premier plan, tous les partis pris de mise en scène sont énoncés : personnages filmés en gros plan, décentrés, parfois décadrés, caméra à l’épaule, nervosité des mouvements d’appareil, sans oublier tout un jeu de sons assourdissants, histoire de surligner les variations intérieures du protagoniste. Soit une palette efficace, sauf quand elle est portée aux limites de la caricature. On en prendra pour exemple les arrière-plans, systématiquement flous, de ce que voit le héros – peut-être est-il myope – principe qui empêche de se faire une idée précise de l’espace dans lequel évolue celui-ci. Ce qui s’avère préjudiciable aux intentions réalistes revendiquées par les auteurs, lesquels ont tenu à filmer dans un vrai centre de détention. Choix d’autant plus regrettable que lorsqu’il opte pour la simplicité, le film se révèle brillant. Le refus des longs plans-séquences permet au montage de s’exprimer pleinement par le biais notamment d’ellipses efficaces, tant en termes de récit qu’en ce qu’elles permettent d’opérer, parfois d’un plan à l’autre, de saisissants contrastes de luminosité. Ce sont surtout les clichés du “film de prison” que veillent à éviter les auteurs : si le héros est d’abord victime du harcèlement – physique, circonstancié – des autres détenus, les enjeux de domination et de pouvoir se manifesteront, par la suite, d’une tout autre façon, moins littérale, plus intellectualisée. Ainsi, la “réussite sociale” s’exprime à travers l’obtention d’une cellule avec une plus belle vue, plan magnifique qui témoigne du potentiel des réalisateurs quand ils s’aventurent hors des sentiers battus. Depuis ce film, tourné en 2010, Lindholm et Noer ont signé respectivement Hijacking et Northwest. _A.C.