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Quand Vient La Nuit

Voir Quand vient la nuit, c’est bien sûr profiter une dernière fois de James Gandolfini, le mythique et attachant Tony Soprano. C’est aussi une nouvelle occasion pour Tom Hardy, acteur subtil et charismatique, de nous montrer qu’il fait décidément partie des acteurs qui comptent. Mais c’est aussi se délecter des dialogues de Dennis Lehane, qui font sourire l’âme, quand ils ne claquent pas comme des fouets : “On est déjà morts”, “C’est pas la faute du chien si son maître est un con” ou encore, à peu de choses près, “Les gens comme moi arrivent quand on a le dos tourné, c’est la vie…”. Le réalisateur de Bullhead, Michaël R. Roskam, réussit donc avec panache son aventure hollywoodienne, en ne cédant pas aux facilités visuelles et en leur préférant de beaux plans d’un Brooklyn à mille lieues des clichés new-yorkais. Film noir sans concession, Quand vient la nuit mêle, à un certain humour à froid, un sentiment général de résignation. Bob Saginowski (Tom Hardy), discret à souhait, ne semble plus rien attendre de la vie, se contente de mener paisiblement sa barque sur le Styx de l’enfer quotidien, celui des animaux battus, des femmes résignées et suicidaires (Noomi Rapace), des cousins magouilleurs et autres losers pathétiques, dont Eric Deeds (Matthias Schoenaerts). C’est aussi, en filigrane, le portrait d’une Amérique sans âme, où les églises sont transformées en bureaux, où les quartiers sont victimes de la gentrification, ce rouleau compresseur qui arase toutes les particularités pour ne laisser derrière lui que des quartiers vendus aux commerces et aux marques. Nul doute que Quand vient la nuit est un peu le chant funèbre d’une Amérique agonisante. _P-J.M.