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Qu’allah Bénisse La France

Jusqu’où un jeune issu d’une banlieue défavorisée peut-il flirter avec l’illégalité sans se brûler les ailes et sombrer dans la délinquance ? Tel est le thème du premier long métrage d’Abd Al Malik, Qu’Allah bénisse la France, adapté du livre autobiographique du même nom, paru en 2004. Rappeur et écrivain français d’origine congolaise, Abd Al Malik (né Régis Fayette-Mikano) campe son récit dans la cité du Neuhof, quartier de Strasbourg réputé pour être le plus “difficile”, où il vécut 28 ans. “Il était une fois…” : ainsi débute le film, avec la voix off du réalisateur, qui va venir ponctuer le récit de son histoire personnelle. Bon nombre de films traitent de la vie des jeunes dans les quartiers “sensibles” en se focalisant sur les problèmes de drogue et de délinquance. Qu’Allah bénisse la France n’y fait pas exception, mais il se démarque en apportant un regard humain, non exotique, sur la vie des cités (les comédiens, en majorité non-professionnels, habitent d’ailleurs les lieux). Par ailleurs, on ne trouvera pas trace, ici, d’un discours socio-médiatique amalgamant islam et intégrisme religieux. Admirant visiblement La Haine de Mathieu Kassovitz, Abd Al Malik s’en inspire (notamment par l’usage du Noir & Blanc) de façon très souvent voyante et maladroite, mais fait, lui, le choix de laisser hors-champ la violence (fusillade et mort de Rachid ; évocation des amis décédés, par overdose, suicide, assassinat ou accident ; délire flouté d’une fille sous héroïne…). Par sa volonté d’être édifiant et son insistance à prêcher la bonne parole, le film peut se révéler agaçant, mais on ne peut contester sa sincérité, qui lui donne aussi un côté touchant. _M.T.